jeudi, 09 juin 2005
Reflux nocturne
23 janvier 1990
Bon anniversaire !
Un petit mot pour te dire
Bon anniversaire
Et pourtant ma plume gratte mal
Sur le papier.
D’ailleurs les mots se marient mal
En ce moment.
C’est comme l’alcool
Avec la joie de vivre
C’est pareil.
Tout est question de foutaise
Tiens !
Regarde mes nouvelles rides,
Elles font injure à mon esprit adolescent.
Si toi demain tu as 34 ballets,
Mois, je vis mal des 28 ballets :
Mon corps vieillit plus vite
Que mon esprit.
Et toi,
Tu vieillis comment ?
Vieillis-tu avec tes envies ?
J’ai l’impression
Que tu vis par effleurement
Tu as peur, peur de toi.
Pour te donner bonne conscience,
Tu flirtes avec ton entourage.
Ton expression physique
En est la preuve ;
Tu courbes l’échine,
Et veux donner l’impression de croquer la vie.
Tu me fais penser à un enfant
Qui a peur des feux d’artifice
Ces couleurs qui font du bruit
Beaucoup de bruit
Tu préfères les ambiances feutrées
Où rien ne se dit,
Tout se susurre, du moins
Je suppose….
Saltimbanque bourgeois,
Folie, sécurité,
Personne n’est à blâmer
Stop au jugement des clowns tristes
Tchin
Bon anniversaire
08:50 Publié dans poemes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 15 janvier 2005
Le saut du tremplin
Je mets ce poème en ligne. J'ai appris ce texte à l'école primaire. Alors que je me posais la question de savoir pourquoi j'évoluais dans un monde de saltimbanques à la recherche d'une liberté totale, ces vers sont remontés tout naturellement à ma mémoire. Et si c'était pour cet inacessible rêve celui de traverser les étoiles et s'éloigner de ce monde où évoluent trop de prédateurs ....
Le saut du tremplin
Clown admirable, en vérité !
Je crois que la postérité,
Dont sans cesse l'horizon bouge,
Le reverra, sa plaie au flanc.
Il était barbouillé de blanc,
De jaune, de vert et de rouge.
Même jusqu'à Madagascar
Son nom était parvenu, car
C'était selon tous les principes
Qu'après les cercles de papier,
Sans jamais les estropier
Il traversait le rond des pipes.
De la pesanteur affranchi,
Sans y voir clair il eût franchi
Les escaliers de Piranèse.
La lumière qui le frappait
Faisait resplendir son toupet
Comme un brasier dans la fournaise.
Il s'élevait à des hauteurs
Telles, que les autres sauteurs
Se consumaient en luttes vaines.
Ils le trouvaient décourageant,
Et murmuraient : «Quel vif-argent
Ce démon a-t-il dans les veines ? »
Tout le peuple criait : «Bravo ! »
Mais lui, par un effort nouveau,
Semblait roidir sa jambe nue,
Et, sans que l'on sût avec qui,
Cet émule de la Saqui
Parlait bas en langue inconnue.
C'était avec son cher tremplin.
Il lui disait : «Théâtre, plein
D'inspiration fantastique,
Tremplin qui tressailles d'émoi
Quand je prends un élan, fais-moi
Bondir plus haut, planche élastique !
« Frêle machine aux reins puissants,
Fais-moi bondir, moi qui me sens
Plus agile que les panthères,
Si haut que je ne puisse voir,
Avec leur cruel habit noir
Ces épiciers et ces notaires !
« Par quelque prodige pompeux
Fais-moi monter, si tu le peux,
Jusqu'à ces sommets où, sans règles,
Embrouillant les cheveux vermeils
Des planètes et des soleils,
Se croisent la foudre et les aigles.
« Jusqu'à ces éthers pleins de bruit,
Où, mêlant dans l'affreuse nuit
Leurs haleines exténuées,
Les autans ivres de courroux
Dorment, échevelés et fous,
Sur les seins pâles des nuées.
« Plus haut encor, jusqu'au ciel pur !
Jusqu'à ce lapis dont l'azur
Couvre notre prison mouvante !
Jusqu'à ces rouges Orients
Où marchent des Dieux flamboyants,
Fous de colère et d'épouvante.
« Plus loin ! plus haut ! je vois encor
Des boursiers à lunettes d'or,
Des critiques, des demoiselles
Et des réalistes en feu.
Plus haut ! plus loin ! de l'air ! du bleu !
Des ailes ! des ailes ! des ailes ! »
Enfin, de son vil échafaud,
Le clown sauta si haut, si haut
Qu'il creva le plafond de toiles
Au son du cor et du tambour,
Et, le coeur dévoré d'amour,
Alla rouler dans les étoiles.
Odes funambulesques
Odes funambulesques Théodore de Banville
17:25 Publié dans poemes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 12 janvier 2005
Souvenir souvenir
EBENE ET PEUPLIER 89
Nos nuit d’ébène et peuplier
Etaient plus belles que vos jours,
Elles n’appartenaient qu’à nous.
Puissants et emprunts de folie
Nos éclats de rire
Tintaient comme une cascade de verres.
Nos silences caressaient nos peaux
Perlées de l’amour et de l’extase
Tes mains posées sur mon corps
Apaisaient la soif de mes envies.
Mon regard dans l’obscurité,
S’abreuvait de ton profil détaché
De la blancheur du mur.
Puis la tempête, à nouveau,
Faisait se mélanger l’ébène
Et le peuplier ondulant,
Sous le souffle du vent,
Et s’enivrait de la sève de ton corps
Puis tes mains à nouveau
Apaisaient mes tourmentes.
Puis, je m’abandonnais à avec ravissement
Dans les bras de morphée.
Alors toi, tu regagnais ton nid
Me laissant sombrer
Dans un doux sommeil
Aux senteurs de l’amour
Qu’il était bon le temps ….
21:25 Publié dans poemes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Mes nuits d'ivresse
Mes nuits d’ivresse 1990
Tes caresses paresseuses et galopantes
Sur la chute de mes reins,
Mes lèvres buvant le soleil épicé
De ta peau,
Des pensées interdites et folles,
Des plaisirs jusqu’ici inattendus
Des plaisirs aux goûts exquis,
J’ai soif de ce breuvage magique,
Soif, encore et encore …
Je souligne mon regard de désir,
Joue de mon sourire et de ma malice
Mon visage, à ta vue,
Respire le bonheur,
Et ma pupille pétillante et brûlante
Appelle ton regard pour un corps à corps
Plaisirs j’incante ta déesse
Afin de vivre mes nuits d’ivresse,
J’incante plaisirs nouveaux et fous,
Déesse tentaculaire,
Quand ton archet fait vibrer
Le haut puis le bas de mon dos,
Mille feux colorés et crépitants
Endiablent mon corps.
Je deviens andalouse jalouse,
Jouant de sa sensualité
Pour mettre à mort le toréador,
Mon regard plante ses banderilles
Dans tes noires et mystérieuses pupilles,
La fièvre qui monte sournoisement
Rend nos peaux brûlantes,
Et inaccessibles,
Et, quand les feux de la rampe,
S’allument enfin ardemment,
La musique de nos corps endiablés
Bat son plein
Pour un combat
Oh combien merveilleux.
Puis je délecte fatigue bienfaitrice
Et sensation de paix.
Ma tête s’emplit de ouate
Et de doux sommeil
Petit à petit un chant mystérieux
Berce mon être tout entier
Vers un monde aux couleurs pastelles
Mon esprit s’envole vers un univers sucré
Et Morphée, alors de ses bras m’entoure
21:25 Publié dans poemes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Passe moi le sel
Je ne suis qu’une larme de mer
Je m’dore la sphère
Au soleil
Pour n’être plus qu’un grain de sel
Je m’adore au soleil
Je ne suis pas de Gemme
L’océan, moi j’aime
Façonnée par le soleil
Je sors du sommeil
Et deviens fleur
Larme cristalline
Qui babille
Féminine
Sur les peaux
Je me distille
Je deviens grain
Un petit grain malin
Qui ne fait pas de câlins
Je picote
J’asticote
La couenne
Souvent
Contre marées et vents
Je m’fais alpaguer
Par le râteau
D’un paludier buriné.
Fleur, j’atterrirai dans un saladier
Grain me ferai ébouillantée
Pain me ferai léchouiller
Par la langue d’un équidé

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