lundi, 12 mars 2007
La prochaine fois
Voilà bien longtemps que je n'étais venue ici pour y laisser quelques mots.
L'envie de venir musarder ici pour déposer un court article, m'est revenue après avoir lu "la prochaine fois" de Marc Levy. Ce roman a suscité mon envie de renouer avec les mots que j'ai trop longtemps délaissés. Alors que le soleil était sensé m'inviter à mettre le nez dehors, c'est allongée sur la couette, le nez collé aux mots que j'ai décidé de passer mon samedi. Un voyage qui transporte hors de toute frontière, un voyage revigorant au même titre qu'une balade dans un Paris sous le soleil.
Je me suis laissé happée par l'histoire, une histoire où peinture et sentiments font bon ménage, un ménage quelque peu tumultueux quand même.
Un joli roman, facile à lire, un roman agréable pour laisser couler le temps paisiblement et l'envie de renouer avec les mots.
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lundi, 14 août 2006
promesse tenue
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mercredi, 09 août 2006
voyage au pays des livres
Les vacances auraient dû ressembler à un paysage breton, mais elles ressemblaient à un bout de ciel tantôt bleu, tantôt nuageux. Morceau de ciel que je pouvais observer du bout de ma couette, lorsque mes yeux quittaient enfin les pages du livre qui me servait de voyage. Il suffisait juste de trouver l’auteur ou les auteurs qui sauraient me transporter hors de mes murs, m’arrachant d’un quotidien monotone.
Faute de temps tout au long de l'année, j'avais oublié le goût de l’enivrement procuré par l'écriture endiablée d'un auteur, lorsque celle-ci vous transporte hors du temps, hors de tout, uniquement dans l'univers prescrit par l'auteur, quand les mots défilent à une vitesse vertigineuse, l’histoire vous attrape par le bout des yeux . La notion de temps vous échappe, les minutes deviennent volatiles, les mots défilent comme les paysages que l’on avale goulûment le nez collé à la vitre d’un train, votre esprit n’est plus là, il s’est noyé dans le mariage des mots assoiffé par ceux à venir.
Mon dernier voyage s’est déroulé à San Francisco dans l’univers d’un auteur que je ne connaissais que de nom. Il faudrait être aveugle pour n’avoir jamais croisé une couverture d’un bouquin de Levy, il est trop fort en marketing Monsieur Marc Levy. " Et si c’était vrai " je l’ai dévoré en une journée et ce matin, entre deux emplettes de victuailles destinées à mon estomac, je vais m’arrêter chez le libraire du quartier, celui qui a son chat noir qui se prélasse dans les rayons de livres, pour dénicher un autre roman du même auteur, enfin, la suite de son premier roman.
Vraisemblablement que je ferai une infidélité à cet auteur pour replonger dans l’univers d’un autre, croisant les doigts pour que l’enivrement se poursuive ainsi jusqu’à extinction complète du temps consacré au temps libre.
Je suis contente d’avoir retrouvé le goût des mots, ça me rappelle mon enfance quand je m’enfonçais dans la lecture, celles qui nourrissaient mon imaginaire et qui m’ouvraient des portes sur des univers inconnus, celles qui m’enlevaient à la réalité et qui faisaient de moi une enfant " dans la lune " comme disaient les institutrices qui se sont chargées de mon éducation scolaire.
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mardi, 08 août 2006
j'ai dévoré
Auteur : Anna Gavalda
Titre : Ensemble, c'est tout.
Deux jours pour dévorer quelques 600 pages d'un trait enfin presque, juste une pause pour laisser mes yeux se reposer. Six cent pages qui parlent d'amitié, de respect, d'amour d'âmes écorchées. C'est l'histoire de quatre personnages qui vont se constuire au contact des uns des autres, une lecture ponctuée de sourires de larmes aussi.
Un beau roman d'été qui se laisse dévorer tout seul, un fil qu'on a pas envie de quitter et un sentiment de manque quand on ferme le livre sur le mot fin.
Un livre à emporter sur la plage ou sous sa couette. Un roman qui vous transporte entre blessures des uns et des autres et amitiés réconfortante.
J'avais lu également ses autres romans "je l'aimais", "je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part" et "ensemble c'est tout" est de loin son roman le plus abouti.
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jeudi, 14 avril 2005
Auden ou l'oeil de la baleine
"passé les premiers temps de folie amoureuse, les bains de chair qui n'en finissent pas, la vie retombe sur ses quatre pieds. C'est l'heure pour les roses de montrer leurs épines. On n'a pas encore eu le temps de mettre des gants, que déjà on s'est piqué."
20:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Auden ou l'oeil de la baleine
"je ne pouvais imaginer que vingt ans de ma vie allaient d'un coup me remonter à la tête quand je découvrirais le visage de l'homme qui avait en quelque sorte changé le cours de mon existence : et que cet homme dans la neige, non seulement je ne l'avais jamais vu et ne le rencontrerais jamais, puisque Wystan Auden est mort en 1973, mais je ne m'étais même pas soucié d'en apprendre davantage sur lui, et son nom même, je l'avais laissé peu à peu s'endormir dans ma mémoire à l'ombre d'un seul poème de lui comme un arbre qui me portait sur l'amer des jours. Pas étonnant que je l'aie pris pour une baleine." GG

En ce matin gris, sans occupation quelconque de prévue (repos ou vacances obligent) ma couette m'appelait et me demandait de bien vouloir rester ainsi blottie, un livre entre les mains. C'est un livre de Guy Goffette que je viens d'ouvrir, un nouveau, intitulé "auden ou l'oeil de la baleine". Je sais qu'avec cet auteur les mots vont danser sous mes yeux, avec plaisir et grâce, comme une magie dont on ne se lasse pas et qui va m'arracher à la réalité et à la grisaille de ce petit matin d'avril et me plonger dans la vie d'un autre, d'un auteur jusqu'ici inconnu Whystan Hugh Auden.
Guy Goffette aime mettre en avant les artistes qui le touchent. Une fois de plus c'est sa plume qui va, une fois de plus, me toucher, comme une grâce, durant 4 heures sans interruption aucune, je vais me plonger dans ses mots en savourer toute l'élégance et voyager 4 heures durant et me laisser porter par la vie tumultueuse et d'errance d'un homme de lettres "auden".
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mardi, 12 avril 2005
Verlaine d'ardoise et de pluie
De Guy Goffette
Parce que, tout de même, un homme, c'est bien autre chose que le petit tas de secrets qu'on a cent fois dit. Bien autre chose en deça et au-delà de l'histoire qui le concerne, comme un pays sans frontière, et l'horizon ne tient la longe qu'au yeux.
C'est un pays rêvé quand on ne rêvait pas encore, et c'est le rêve d'un pays qui vous mène quand tout dort, quand on est soi-même endormi. Au réveil, ça vous colle à la peau. Ca vous remplit et ça vous vide tour à tour. La plénitude et le manque, systole, diastole, flux, reflux, qui font aller l'homme comme la mer, d'un bord à l'autre de lui-même.
Parce qu'un poète, c'est toujours un pays qui marche, dressé comme une forêt, et trainant dans sa langue une terre d'exil, paradis d'échos.

"Qu'est-ce qu'une petite épouse à côté de la houle qui le tire et le pousse, et qu'est-ce que la routine confortable à côté de la route promise, cette vagabonde où tous les coups sont permis, qui "épuise tous les poisons, pour n'en garder que les quintessences".
Tous les coups, et rien pour les empêcher de pleuvoir sur tes amours de tigres. Rien, ni les baisers, ni les promesses, ni la fuite éperdue. Cet ange blond, Verlaine, t'aura mené jusqu'au bout à la baguette. Et maintenant que tu gis sur le sol, avec quel plaisir tu les souffrirais à nouveau ses méchants coups de canif sous la table, et ses insultes, et ses ricanements, et la prison de brique même, pouvu que te soit rendu cet enfant du diable qui t'a griffé le coeur comme personne. Cela qu'aucun rombaldolâtre ne supporterait plus d'une heure, ce chemin de croix plein d'extases et de tourments, te voici prêt, ô vieux Loyola, à le refaire sur les genoux."
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jeudi, 31 mars 2005
Confidences vénitiennes
Lu récemment "confidences vénitiennes" de France Borel et je n'ai rien à ajouter à la critique trouvée sur internet et , si ce n'est, souligner que l'auteur de ce roman possède une élégante plume et une jolie connaissance des hommes et des peintres
Titien et les femmes
Historienne de l’art à Bruxelles, France Borel est également romancière, l’occasion pour elle de mêler ses divers talents, alternant art et fiction dans une alliance poético-romantique ma foi assez plaisante (j’ai parfois un peu de mal avec la littérature romantique).
Le Titien est le narrateur de ce récit faussement autobiographique. Il y est centenaire et se penche sur sa vie passée, lançant un regard empli de nostalgie vers ces femmes qui ont hanté son atelier, belles et dociles, muses parfaites. Parmi toutes celles-ci, l’une d’elles conserve un souvenir vivace dans la mémoire du peintre, elle se nomme Fiorenza, sublime modèle blonde, qui inspirera à Titien de jolies mélodies anatomiques et errera dans l’ombre de la Venus d’Urbino...
Au crépuscule de sa vie, devant réaliser un énième autoportrait qui ne le motive guère, Titien regarde dans le miroir, se contemple et songe à tous ces lieux d’existence où il a peint et aimé. Liberté totale de la part de France Borel (c’est un roman) qui parle à la place de Titien, lui invente une histoire et raconte ses derniers jours. Liberté d’écriture qui se conjugue parfaitement avec les connaissances artistiques de l’auteur qui avait déjà étonné dans "Le modèle ou l’artiste séduit" (Editions Skira).
C’est un récit qui sent bon l’amour, la vie, les corps, les senteurs charnelles, les caresses et la douceur. En une centaine de pages, c'est un dépaysement très agréable à parcourir.

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lundi, 21 mars 2005
Guy Goffette
Actuellement se déroule le 25ème salon du livre à la porte de Versailles.
Pour qui aime lire, c'est un moment de bonheur que d'aller y tuer quelques heures, de se mettre à l'affût de romans et récits nouveaux, ceux-là même qui vont vous plonger dans des univers différents du votre, des voyages à part entière. Des milliers de livres présents, découvrir, fouiner, essayer. Un dimanche matin inhabituel pour ma part, le nez au vent, les yeux rivés sur les couvertures des livres, une frénésie de lecture et une véritable envie de me laisser porter par les mots des auteurs.
Il y en a un, récemment découvert et dont la lecture me ravit à chaque fois. Une écriture légère et ciselée, une écriture fine et des mots magiques comme j'aimerai en écrire.
Il s'agit de Guy Goffette dont je vous ai déjà parlé dans un article précédent. J'ai voulu réiterer l'expérience de plonger mon regard sur un autre de ses livres : "un été autour du cou".

Simon a 11 ans lorsque la Monette, la quarantaine torride, va le déniaiser. Nous sommes dans les années cinquante, au cœur d'un village de l'est de la France. Simon est un petit garçon rêveur, passionné par le découpage des actrices en photo dans les revues de cinéma. Ses parents, qui tiennent un bar-tabac-alimentation, végètent, immergés dans une vie provinciale rythmée par les émissions radio de Zappy Max. L'apparition de la Monette dans la routine de Simon est alors comme une onde d'espoir. D'abord enchanté par la belle, Simon est ensuite forcé. En prenant le garçon "pour un jouet qu'on jette une fois le plaisir passé", cette dévoreuse d'hommes a anéanti ses espérances de tendresse, d'avenir, "et c'est pourquoi je vais mourir seul, rejeté, cassé... avec cet été à jamais noir, comme un bas autour du cou". Cruellement poétique et beau !
J'attaque une troisème lecture de Guy Goffette et un quatrième livre, son dernier roman attend déjà la fin de la lecture de celui tout juste entamé. Quelle plume Monsieur Goffette
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samedi, 26 février 2005
Elle par bonheur et toujours nue

Entre la beauté que vous, Pierre Bonnard, m'avez jetée dans les bras, sans le savoir, et celle que vous avez aimée au long de quarante-neuf années, il y un monde, ou ce n'est pas de la peinture.
Il y a un monde et c'est l'aventure du regard, avec ses ombres, ses lumières, ses accidents et ses bonheurs. Un monde en apparence ouvert et pourtant fermé comme une vie d'homme. Les clefs pour y pénétrer ne sont pas dans les livres, pas dans la nature, mais très loin derrière nos yeux, dans ce jardin où l'enfance s'est un jour assise, le coeur battant, pour attendre la mer.
C'est là que Marthe m'a rejoint dans le musée à colonnade et m'a sauvé de la solitude et de l'ennui où je mourais.
Guy Goffette.
Extraits
La couleur est une femme qui se gagne lentement, regard après regard, caresse après caresse. On sait tout de suite que ce sera long, un combat sans cesse recommencé avec la lumière. Et qu'il faudra souvent faire mine de baisser les bras, de quitter le champ et de se retirer dans l'ombre, le silence, la solitude.
....
Ô songeuse, les bras posés sur la nappe à carreaux rouges, songeuse aux cheveux d'organdi et de sainfoin, qui ne voyez plus rien autour de vous, ni black qui mendie un sucre blanc, ni que le café fume, ni même que vos mains qui tournent du bout des doigts la pierre de quel chagrin, si vous saviez comme vous êtes belle pourtant et combien nue dans cette blouse jaune qui montre votre cou et donne à vos lèvres le velours du baiser, le pourpre hardi d'un mamelon dressé, si vous saviez de quel amour déchiré et battu à grands vents vous aime celui qui, là-haut, trempe son pinceau dans la lumière des lampes et des hautes fenêtres.
Il y a quelques mois un peintre avec qui j'échangeais de doux mots et quelques points de vue sur la vie, m'a fait découvrir ce roman de Goffette, m'invitant ainsi à découvrir le regard subtil d'un peintre pour sa muse. J'aurais aimé être celle-ci (l'ai cru naivement le temps de quelques écrits). J'aurais aimé vous donnez cette énergie indicible pour des couleurs émouvantes et flamboyantes, j'aurais aimé donner un élan nouveau à vos pinceaux et vos pigments pour mettre sur toile toutes les émotions partagées à travers nos mots et propos. Vous m'avez fait découvrir la beauté et l'écriture ciselée et raffinée d'un auteur jusqu'alors inconnu. "L'amusette" de laboratoire que je fus garde en mémoire la résonnance et les émotions des mots de Goffette et les votres comme s'ils étaient étroitement liés.
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