mercredi, 12 janvier 2005
Un jour où les yeux restent humides
Ma tante, mon cousin, je vous ai vu hier dans le petit écran témoigner de votre chagrin, de votre sentiment d’injustice parce que la grande bleue vous a enlevé un fils, un frère …. suite à la malveillance d’un plus gros qui a coulé le petit chalut par 50 mètres sous l’eau. Les autoroutes de la mer deviennent tout aussi dangereuses que celles de la route. Inconsolable Victoria j’ai une pensée pour toi.
J’ai gardé en mémoire l’image d’un jeune enfant blond aux yeux clairs, qui ne souhaitait pas s’endormir sans avoir vu les éboueurs passer. Quelle drôle d’idée ! Souvenir d’enfance. Tu n’es pas devenu cet homme vert qui fera le ménage dans les rues des Sables, comme ton père tu as embrassé la profession de marin, tout comme ton frère d’ailleurs. Dans cette famille, on est marié avec la grande bleue de génération en génération.
Des réunions familiales de ma petite enfance, j’ai gardé le souvenir des éclats de rire, des pleurnicheries des filles, des « grosses bêtises » de mes « durs à cuire » de cousins, des grandes tablées où nous nous gavions d’huîtres et de produits de la mer, de la saveur toute particulière du beurre baratté, du riz au lait, des soles à la crème qu’aimait nous préparer la grand-mère. De la cuisine au beurre et largement dosée !
Une bourinne installée en plein marais vendéen au lieu-dit la croix rouge, non loin du passage du Gois, du port du bec. Exotisme assuré pour les yeux, sans parler des accents bien trempés. Image d’un lieu de rencontres et un passage obligé pour tous les marins rentrant de pêche ; le café du port. Le lieu est fait de bric et de broc, des posters de fausses sirènes, des filets tendus pour toute décoration où s’accrochent vigoureusement quelques homards en plastique, des étoiles de mer séchées, des trophées de pêches improbables. Un endroit où les hommes viennent prendre le dernier verre avant de rentrer au bercail, un lieu où les hommes racontent leurs exploits d’hommes et de pêcheurs. Des verres qui s’entrechoquent pour fêter la journée. Un endroit où les têtes burinées aiment à se retrouver et parler fort avec leur accent à couper au couteau.
C’est aussi le souvenir de balades dans le marais sur un solex de fortune, de balades en solitaire, la végétation est aride, le vent chargé de sel jaunit tout sur son passage. Les marais s’étendent à l’infini, les petits chemins vous conduisent de bourinnes en bourrines, dans les prés salés paissent quelques moutons. Moment privilégié de fin de journée quand le soleil flamboyant transcende la nature, moments de solitude savourés.
Et toi Pascal tu fais partie de mes souvenirs, de ceux de mon enfance
21:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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